Aux origines de l’aventure Zéro Déchet, ou comment des amis se lancent un défi écologique

Cuisine zéro déchet

Quiconque ne connaîtrait pas le 147 allée des Grives serait étonné par l’activité qui y règne en ce samedi soir de février. Sous les toits, les appartements de Khay et Olive sont vides, même si la radio qu’elle a oublié d’éteindre et le grincement de la porte qu’il n’a pas fermée pourraient nous faire croire le contraire.  Au second, King-le-chat se faufile par la fenêtre que ses maîtres Anna et Noah ont laissée ouverte. Lumière éteinte, personne dans le lit… tant pis pour l’en-cas de minuit. Un bruit se fait entendre, son oreille se dresse : ce n’est que la petite Louison qui s’est réveillée à l’étage du dessous et qui appelle sa mère, Salomé. Où est-elle d’ailleurs ? Louison semble ne la trouver nulle part. Et son frère qui n’est pas dans son berceau ! Elle entend les marches de l’escalier, quelqu’un qui court, qui ouvre la porte, c’est son père Markus qui vient la sauver de son mauvais rêve. Parce qu’elle craint de retrouver les méchants si elle se rendort tout de suite, il lui enfile ses chaussons tout chauds, la prend dans ses bras et retourne au rez-de-chaussée chez Giuseppe et Liliane dont on fête son départ en retraite. Comme toujours lorsqu’ils se réunissent, la table déborde de bons petits plats et les bouteilles vides s’accumulent près de la porte. Et comme toujours, encouragés par ce cadre chaleureux, ils refont le monde en sachant que le lendemain ils se réveilleront en ayant tout oublié de leurs promesses faites dans le vent. Mais ce soir-là, quelque chose semble différent. Comme si l’espérance voulait reprendre le pas sur la déprime quotidienne.

En allant poser une bouteille vide à côté de la porte, Olive tombe sur le sac d’Anna, ouvert, dont dépasse le Guide de la Famille Zéro Déchet. Il s’en saisit, retourne à table avec l’ouvrage dans les mains et commence à le feuilleter. Bien sûr, en tant que bon écolo tendance hippie de ville, le zéro déchet, il connait. Enfin, surtout en théorie. La pratique, c’est autre chose. Alors quand le volume sonore baisse enfin, il fait glisser le livre au milieu de la table, entre les assiettes et les verres, et interroge Anna et Noah sur leur intention de passer du côté actif de la force. Avec un sourire de défi ils répondent que oui, ça y est, ils sont prêts, ou presque, enfin que oui, ils vont s’y mettre, et d’ailleurs ils vont commencer par le zéro déchet dans la cuisine. Confrontée aux regards interrogateurs de la moitié de ses voisins, Anna se lance dans une tirade passionnée pour expliquer ce qu’est le zéro déchet :

« Avoir une démarche ‘zéro déchet’, c’est supprimer le plus d’emballages possibles de notre consommation afin de réduire la dépense d’énergie en amont (pour créer l’emballage) et en aval (pour le détruire ou le recycler). C’est faire attention au monde qui nous entoure et répondre aux signaux d’alarmes lancés par les observateurs de l’environnement. C’est être conscient que vivre sans produire de déchet est une douce illusion mais que pour autant, rien ne nous empêche de réduire le gaspillage à son minimum. Entrer dans le monde du ‘zéro déchet’, c’est privilégier la vente en vrac, les circuits courts, les bouchers et fromagers de quartier. C’est souvent acheter bio et local, mais aussi bio ou local. C’est faire des choix et comprendre qu’on ne peut pas mener toutes les batailles. C’est parfois se prendre pour un aventurier de la consommation, un précurseur sauveur de l’humanité alors que ce n’est que faire nôtres les habitudes de nos aïeux. C’est se dire que chaque geste compte, et qu’il n’y a rien de pire que la résignation ! »

Giuseppe la regarde d’un œil torve : « En bref, c’est se compliquer l’existence pour vivre dans une sorte d’utopie d’écolo-bobo.

– Mais pas du touuut ! Rétorque Salomé, apportant ainsi un soutien à son amie. Je crois que, pour eux, c’est simplement mettre en cohérence leurs pensées avec leurs actes en changeant quelques petits détails au quotidien, en s’organisant probablement un peu mieux en amont…  probablement dans l’espoir aussi qu’en donnant l’exemple ils seront rejoints par d’autres personnes qui se sentent concernées à la fois par l’avenir de la planète et de l’humanité. Non ? Tu ne crois pas en la force de l’exemple toi ?

– Bof.

– Alors dans ce cas accroche-toi bien à ta chaise, parce que moi aussi ça me tente cette histoire de zéro déchet. Ca ne te dit pas qu’on s’y mette aussi Markus ? Ca te rappellera ta Suède natale !

– Ben justement elle ne me manque pas trop ma Suède natale… Je comprends l’intérêt de la démarche mais franchement, au quotidien…

– Tu sais, dit Noah, c’est beaucoup plus simple que ce que l’on pense en fait. Tout ce qu’il faut, c’est beaucoup de bocaux et un peu d’organisation. T’inquiète pas pour nos soirées foot, les bouteilles de bière en verre, c’est recyclable donc ça marche. Bon par contre faudra qu’on trouve de quoi remplacer les pizzas et les chips… mais ça ira tu verras, on trouvera comment faire. Et quand vraiment on n’aura pas le temps et qu’on se sera mal organisé, on sortira notre joker.

 

– Moi, j’touche pas à ça, trop compliqué, relance Giuseppe.

– Hé vu que tu ne fais ni la cuisine, ni les courses, qu’est-ce que ça te changera à toi ? Réplique Liliane, sa femme. Moi je suis partante !

– Allez, moi aussi ! S’exclame Olive. Laissons s’exprimer les ancêtres qui sommeillent en nous, qu’ils nous guident vers une consommation raisonnable et raisonnée ! Nan mais franchement, c’est vrai, qu’est-ce qu’elle aurait dit mamie Blandine si elle avait vu le contenu de mon frigo, plein de plats tout prêts avec du plastique partout. D’ailleurs même les fruits et légumes bio que j’achète au supermarché sont plein de plastique. Ca fait longtemps que ça m’embête mais je n’ai jamais eu le courage de m’y mettre… là, tous ensemble, ça me semble moins difficile à gérer. Khay, t’es avec nous aussi ?

– Oh là là j’sais pas trop… j’ai l’impression que ça prend beaucoup de temps et moi, je sais déjà plus où donner de la tête avec tout ce que j’ai à faire… et puis soyons honnêtes, vous m’avez déjà vue réussir à m’organiser correctement ?

– Et si on t’aidait ? lui demande gentiment Anna. Si on se soutenait tous dans cette démarche ? On pourrait réfléchir à comment s’équiper ensemble, aux endroits où faire nos courses… on pourrait aussi partager nos recettes de cuisine zéro déchet et nos petites astuces ?

– Alors comme ça oui, je veux bien. »

 

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2 thoughts on “Aux origines de l’aventure Zéro Déchet, ou comment des amis se lancent un défi écologique”

  1. Genial!!!! Je vais vous suivre avec grand intérêt ! Moi aussi j’essaye de tendre vers cette démarche et vous êtes ultra motivants Je le sens moins seule!! Mille merci et belle continuation 😘

    1. Oh merci pour ces encouragements ça me touche beaucoup ! Je suis contente de pouvoir partager avec des personnes que ça intéresse 🙂 Hésitez pas à me faire part de votre expérience de votre côté ! Bonne soirée

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